CRITON

 

CRITON

de PLATON

 

 

Socrate, suis les conseils de celles qui-t-on nourri ;

 

Et ne préfère ni tes enfants, ni ta vie, ni quoi que ce soit à la justice, afin de pouvoir l’invoquer quand tu plaideras ta cause devant les juges infernaux.

 

Car, ne t’y trompe pas, si tu accomplis le projet que tu médites, tu ne rendras pas ta cause meilleure en ce monde ni pour toi ni pour aucun des tiens ;

 

Elle ne sera ni plus juste ni plus sainte, et dans l’autre monde elle ne le sera pas davantage.

 

En subissant ton arrêt, tu meurs victime de l’injustice, non des lois, mais des hommes :

 

 - Tandis que si tu t’échappes, si tu n’as pas honte de rendre injustice pour injustice et mal pour mal, si tu violes les traités et les engagements qui t’unissaient à nous ;

 

Si tu fais du mal à ceux qui devaient en recevoir le moins, à toi-même et à tes amis, à ta patrie et à nous, nous te poursuivrons de notre inimitié pendant ta vie ;

Et après ta mort, nos sœurs, les lois des enfers, ne te feront pas un accueil favorable, sachant que tu as fait tous les efforts qui dépendaient de toi pour nous renverser.

 

Ne suis donc pas les conseils de Criton, mais les nôtres.

 

Criton, si tu crois avoir quelque objection plus forte, parle.

 

Je n’ai rien à dire Socrate.

 

Laissons donc toute discussion, Criton, et suivons la route que Dieu nous trace.

 

Commentaires