APOLOGIE DE SOCRATE
APOLOGIE DE SOCRATE de PLATON Ce serait là une étrange conduite, et c’est alors que l’on aurait le droit de me traîner devant ce tribunal comme un homme qui ne reconnaît pas les dieux, qui ne croît pas aux oracles, qui craint la mort et pense être sage quand il ne l’est pas. Car craindre la mort, Athéniens, c’est croire que l’on est sage, quoique on ne le soit pas, puisque c’est croire connaître ce que l’on ne connaît pas. Personne, en effet, ne sait si la mort n’est pas pour l’homme le plus grand des biens ; Et cependant, nous la craignons, comme si nous savions certainement qu’elle est le plus grand des maux. Or, n’est-ce point l’ignorance la plus répréhensible que de croire connaître ce que l’on ne connaît pas ? Pour moi, mes juges, je l’emporte peut-être en cela sur les autres hommes, et je dois paraître plus sage qu’eux pour cette raison, que, ne sachant pas précisément c...